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Le vote populiste

11/03/2018

Au lendemain des élections législatives italiennes du 4 mars dernier, Le Monde titrait la une de son journal “Cataclysme électoral en Italie”. En effet, ce scrutin a été l’occasion d’une poussée remarquable du vote populiste. Ainsi, les partis anti-système ont rassemblé plus de 50% des électeurs, mettant en danger la stabilité politique de l’Union-Européenne. Pour de nombreux observateurs, il s’agit de la reprise de la progression du populisme, après une année 2016 qui s’est soldée par une déception pour ces partis. Dès lors, cette recrudescence des partis extrêmes de tous bords interroge : comment expliquer ce vote ? Jusqu'où ira-t-il ? Quels menaces fait-il peser ?

 

 

Le progression du populisme est une tendance de longue durée

 

Par le mot populisme, on désigne en général un discours politique s’adressant aux classes populaires, fondé sur la critique du système et de ses représentants. Ici, nous nous limiterons au populisme s'exerçant dans les pays démocratiques. Ce mouvement peut s’inscrire à droite comme à gauche de l'échiquier politique. On date le début de sa progression, au sens où l’entend aujourd’hui, dans les plus anciennes démocraties dans les années 1980, par exemple aux Pays-Bas, au Canada ou dans les pays scandinaves. En France, ses premières manifestations se caractérisent par la médiatisation et la progression du Front National (FN), emmené par Jean-Marie le Pen. Ce parti réalise son premier coup d’éclat aux élections européennes de 1984, où il enregistre un score de 10%. Puis, ses résultats connaissent une croissance exponentielle ces dernières décennies : deux candidats frontistes atteignent même le second tour de l’élection présidentielle lors des années 2002 (Jean-Marie le Pen contre Jacques Chirac) et 2017 (Marine le Pen contre Emmanuel Macron). Aujourd’hui, les partis populistes sont partie intégrante du jeu politique. L’excentrique Donald Trump a été élu en 2015 à la tête des Etats-Unis en obtenant l’investiture du parti républicain. En 2017, en Autriche, le parti de la droite conservatrice et celui d’extrême droite ont formé une coalition pour construire un gouvernement. D’autres mouvements continuent leur ambition de conquête, souvent illusoire, du pouvoir : “Podemos” en Espagne, le mouvement 5 étoiles en Italie, “Alternative für Deutschland” (AfD) en Allemagne ou la France insoumise (LFI) en France.

 

Le vote populiste s’explique par une frustration

 

Le vote populiste est assimilé à un vote de protestation. Il s’agit de protestation contre le système, contre les élites ou contre une politique économique. On peut relever différentes caractéristiques communes au vote populiste en Europe, bien que chaque pays conserve ses spécificités nationales. Tout d’abord, il s’agit le plus souvent d’électeurs issus de milieux défavorisés : les ouvriers, les employés ou les paysans pauvres par exemple. Souvent peu ou pas diplômés, ils sont ceux qui souffrent le plus des effets néfastes de la mondialisation : la précarisation du travail, la concurrence déloyale, la baisse des salaires, voire le chômage. Leur vote est ainsi le plus souvent motivé par une crainte de la mondialisation. Cela s’accompagne d’une peur de l’autre, donc de l’immigration. C’est la peur de voir sa culture s’effacer devant celle d’un autre. De plus, certains variables supplémentaires viennent s’ajouter selon les régions. Les partis protestataires de l’Europe de l’Ouest souhaitent prendre leur distance avec l’Union Européenne (Grande-Bretagne, à travers le Brexit, mais aussi la France). Ceux d’Europe du Sud se caractérisent surtout par leur opposition ferme à la politique d’austérité européenne (Italie, Grèce, Espagne). Ces partis exploitent donc peurs et frustration pour se construire.

 

Pourtant, ses conséquences peuvent être très lourdes

 

La progression du vote populiste est très préoccupante. Les conséquences peuvent en effet être catastrophiques. A l’échelle du continent européen d’abord, cela met en danger la stabilité, voire l’existence, de l’Union Européenne. Elle s’est déjà affaiblie en juin 2016 lors du Brexit, qui a vu la Grande-Bretagne prendre la décision de quitter cette structure. D’autres leaders populistes, à l’image de Jean-Luc Mélenchon ou de Pablo Iglesias, revendiquent également une très forte hostilité à l’Europe. Une autre conséquence de la montée des partis extrémistes, c’est un repli sur soi. A l’extrême droite, il est motivé par un nationalisme, ce qui se traduit mathématiquement par une fermeture des frontières et une restriction très ferme de l’immigration. Un seul exemple ici : Viktor Orban, premier ministre de Hongrie, qui entretient des rapports très tendus avec l’Union Européenne par sa volonté de mettre fin à l’immigration vers son pays. A l’extrême gauche, ce repli sur soi se caractérise régulièrement par un protectionnisme économique pour protéger l’industrie locale et nationale (Jean-Luc Mélenchon en France). Cependant, on a vu que Donald Trump aux Etats-Unis mettait en place les deux : le “Muslim ban” et l’augmentation des tarifs douaniers pour les importations d’aciers. De plus, on peut noter l’attachement de certains partis d’extrême gauche à la démocratie. C’est notamment le cas de “Podemos” en Espagne, qui revendique l’ambition de “Construire la démocratie”.

 

Finalement, la progression du vote populiste dans les démocraties, surtout en Europe et en Amérique, s’expliquent par des facteurs contemporains. La mondialisation, la peur de l’immigration ou l’austérité motivent entre autres ce vote et accentuent la polarisation de la société. Les possibles conséquences sont un repli sur soi, mettant en danger la reprise économique mondial. Il faut donc lutter contre ce phénomène et chercher à apporter une meilleure réponse aux défis d’aujourd’hui. Cela peut passer par un renouvellement du personnel politique, autant que par une volonté ferme de réduire les inégalités mondiales.

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