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#MeToo, un mouvement global ?

09/03/2018

Le hashtag #MeToo est devenu en l’espace de quelques mois un phénomène mondial porté par un élan de libération de la parole de la femme. Provoqué par l’affaire Weinstein, du nom du célèbre producteur hollywoodien, ses conséquences sont déjà visibles dans certaines régions. En France par exemple, ou de futures réformes sont attendues pour améliorer l’égalité homme/femme. Néanmoins, certains pays comme la Russie, la Chine ou l’Argentine semblent rester hermétique à l’ampleur du phénomène. Le plus souvent, il s’agit de sociétés très conservatrices. On constate donc différentes attitudes face à #MeToo, et il est intéressant de se demander quel est le degré de globalité de ce mouvement, c’est-à-dire à quel point on peut parler d’une vague libératrice mondiale.

 

 

L’origine du mouvement

 

Ce phénomène prend sa source dans l’affaire Weinstein en octobre 2017. Harvey Weinstein est alors un des réalisateurs de cinéma le plus respecté d’Hollywood. Pourtant, ce mois-ci, il est accusé d'intimidations et de harcèlement sexuel sur des journalistes ou des actrices. Une douzaine de femmes l’accuse notamment dans le New York Times et le New Yorker, puis dans les jours qui suivent, de nombreuses personnalités de l’industrie du cinéma dénoncent des faits similaires à leur encontre. Dès lors, cet événement agit comme un électrochoc car il est fortement médiatisé. Sur Twitter, l’actrice américaine Alyssa Milano encourage toutes les femmes à raconter les viols et les agressions sexuelles dont elles ont été victimes. Elle demande à celles-ci de reprendre le #MeToo. Conséquence : elle reçoit plus de 65 000 réponses à travers ce hashtag.

 

 

 

Le nombre très important d’utilisateurs de la plateforme Twitter ainsi que la diffusion dans les médias de ce mouvement conduisent alors à la mondialisation et à la renommée de cette action. Des variantes sont reprises dans différents pays, en France c’est #BalanceTonPorc, en Italie c’est #QuellaVoltaChe (LaFoisOu), représentant le symbole de libération de la parole de la femme.

 

Une véritable prise de conscience dans certains pays

 

Cette vague impressionnante de témoignage à propos du harcèlement sexuel a déjà eu des conséquences dans le monde. En premier à Hollywood, ou le réalisateur Weinstein est désormais vu comme un paria, après son retrait de milieu cinématographique. Mais cela va bien au-delà, et le machisme régnant dans ce milieu a été éclairé au grand jour. Beaucoup de témoignages des femmes, Meryl Streep entre autres, ont permis de comprendre à quel point le monde du cinéma est pervers et indécent. A une autre échelle, les témoignages issus de la planète entière ont fait prendre conscience aux hommes l’ampleur et la régularité des violences sexuelles faites aux femmes. Certains se sont exprimés dans des journaux locaux pour faire part de leur surprise et de leur honte à la fois. Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux de Hollande, dit d’ailleurs à ce sujet : “L’effet de masse de toutes ces révélations a provoqué chez certains hommes une sorte de sidération [...] certains ont ressenti de la honte”. Cependant, il ne s’agit ici que de symbole et de prise de conscience, la prise d’actes concrets pour l’égalité homme/femme sera plus difficile à mettre en oeuvre.

 

Mais déjà, quelques pays ont envisagé des réformes pour faire évoluer la société, à l’image de la France. Emmanuel Macron a décidé de faire de cette lutte la grande cause de son quinquennat. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a évoqué plusieurs mesures et notamment une “procédure de verbalisation plus simple” contre le harcèlement de rue.

 

Un intérêt plus limité dans d’autres régions du monde

 

D’autres pays restent sourd à ce mouvement inédit, pour diverses raisons. En Russie par exemple, ou c’est même le phénomène inverse qui se produit. Ainsi, récemment, les lois sur la condamnation des violences conjugales ont été assouplies. Cela s’explique par l’influence de la société patriarcale, qui règne et juge, et par une tradition culturelle assez “virile”, qui nuit aux évolutions de la place de la femme. La Chine s’inscrit aussi dans cette logique, dûe en partie à un régime autoritaire et autocratique caractérisé par une répression forte. Néanmoins, on constate que certains peuples qui étaient peu attentifs à l’égalité des genres ont progressé dans ce domaine grâce à #MeToo. C’est le cas de la Corée du Sud, qui assiste depuis plusieurs semaines à une vague de dénonciation et de témoignages à ce sujet. Un politicien populaire et respecté, gouverneur de province, a récemment dû démissionner face aux accusations dont il était victime.

 

 

Enfin, il faut prendre en compte le fait que des régions comme l’Afrique, qui poursuit avant tout un objectif de développement, ou l’Amérique du Sud, qui reste très conservatrice et religieuse, ne sont guère touchés pas le mouvement.

 

Finalement, #MeToo et l’ensemble de ses variantes auront permis une prise de conscience dans beaucoup de pays à propos du harcèlement sexuel. Si certains pays, comme la France, semblent prêts à chercher des solutions pour améliorer l’égalité homme/femme, beaucoup d’autres, la Russie en tête, ne se préoccupent pas de ce phénomène. Ainsi, #MeToo a ouvert une opportunité pour toutes les nations, mais il semble qu’une minorité ait décidé de s’emparer sérieusement du phénomène. Cependant, le mouvement continue de prendre de l'ampleur chaque jour et il est encore permis d’espérer des signes de changements dans le monde.

 

 

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