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C'est pourquoi Contraste propose, dans sa section "le débat", deux tribunes opposées sur des sujets clivants.

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Contraste reposant sur une participation bénévole de ses rédacteurs, nous cherchons activement des étudiants, voire des lycéens, désireux de participer à cette initiative citoyenne. 

Catalogne : le dernier sursaut ?

22/11/2017

Au cœur de l’actualité internationale depuis deux mois, le problème catalan n’en finit plus d’interroger. De par la complexité des événements, la multiplicité des acteurs et les mouvements d’opinions soulevés, cette crise se pose comme une tentative d’indépendance menée par une minorité. Proclamée illégalement par le gouvernement catalan le 27 octobre 2017, elle fait l’effet d’une déflagration dans le monde géopolitique. Un vote déterminant se déroulera le 21 décembre afin de donner ou non la légitimité aux séparatistes. Ainsi, de nombreux enjeux se posent et il serait intéressant de s’interroger sur les causes et les conséquences de cette revendication.

 

 

La pire crise de l’histoire de la démocratie espagnole 

 

Rétablie en 1975, la démocratie espagnole a laissé de la place pour s’exprimer aux nationalismes de différentes autonomies. La cause catalane a souvent fait parler d’elle. En effet, la Catalogne c’est une langue, une histoire, un dynamisme et économique et artistique qui demande à s’émanciper. Mais elle prend une ampleur tout à fait autre lorsque le parlement catalan promulgue une loi régionale pour l’organisation d’un référendum. Néanmoins, le tribunal constitutionnel déclare cette décision comme illégale et anticonstitutionnelle. De fait, tous les événements qui découlent de la décision catalane sont contraires à la loi espagnole donc illégitimes. C’est dans cette optique que le parquet espagnol convoque tous les maires de la région, quitte à les arrêter s’ils ne se présentent pas.

Finalement, des perquisitions sont conduites contre ces membres dissidents et une douzaine d’entre eux sont arrêtés. Cela impacte fortement l’opinion séparatiste qui décide de manifester, preuve de l’engouement du conflit. Le 1er octobre, malgré l’interdiction de vote, des milliers de catalans vont voter pour leur indépendance. Le « oui » est donné gagnant par des organisateurs hors la loi. De fait, la Catalogne ne sera pas indépendante ce que rappelle le roi Felipe VI. Des manifestations s’ensuivent donc logiquement.

 

Des tensions inextricables entre les deux partis 

 

Les tensions entre Mariano Rajoy et Carles Puigdemont sont très importantes. Finalement, ce dernier déclare l’indépendance de la Catalogne le 27 octobre de façon unilatérale. Le gouvernement central prend immédiatement le contrôle de la région, signe d’une radicalisation du conflit et du danger qu’il représente pour la démocratie. Le 8 novembre, la Cour constitutionnelle d'Espagne invalide la proclamation d'indépendance de la Catalogne. Un coup dur qui n'empêche pas les séparatistes de continuer à se battre. Samedi 11 novembre, à Barcelone, une immense manifestation rassemble 750.000 partisans de l'indépendance, selon la police. Deux heures durant, dans une ambiance bon enfant, les participants réclament la libération des leaders catalans emprisonnés.

Le lendemain, dimanche 12 novembre, Mariano Rajoy se rend à Barcelone pour la première fois depuis le 27 octobre. Il appelle les électeurs à aller voter aux élections régionales anticipées du 21 décembre pour «ouvrir une nouvelle ère de tranquillité, de normalité, de coexistence et de respect» en Catalogne, et demande aux entreprises de «ne pas quitter» la région. «Nous voulons récupérer la Catalogne», insiste-t-il.

 

 

 

Le destin des chefs séparatistes 

 

Grâce à l’article 155 de la Constitution, Madrid a pu destituer le gouvernement catalan qui avait provoqué la séparation de la riche région catalane et de l’Espagne. De fait, le gouverneur et ses ministres ont été déchus de leur poste le 13 octobre. Le président catalan, Carles Puigdemont, son vice-président, Oriol Junqueras, et l'ensemble de leurs conseillers sont nommément cités.

L’ancien gouverneur s’est réfugié à Bruxelles se présentant comme un « réfugié politique » alors qu’il déclarait quelques jours auparavant être pleinement responsable de ses actes. Stratégie ou lâcheté ? Ce qui est certain, c’est que son retour serait vu comme une usurpation de fonction. Le parquet a déposé plainte pour rébellion, un délit passible de 15 à 25 ans de prison, ou pour sédition, passible de 15 ans. Cette plainte a été déposée dès lundi contre Puigdemont, les membres de son gouvernement et le bureau du Parlement catalan, qui a autorisé le vote de la résolution indépendantiste malgré les avertissements des juristes de l'institution. Selon l'article 472 du Code pénal, le délit de rébellion est commis par ceux qui « se soulèvent violemment et publiquement » contre la loi et dont l'un des objectifs peut être de « déclarer l'indépendance d'une partie du territoire national ». Le Parlement catalan a été dissout en octobre et il n’a plus de pouvoirs légitimes.

 

Le futur de la Catalogne 

 

Le 17 novembre, Carles Puigdemont et ses quatre compagnons se sont présentés devant la Chambre du conseil placée sous l'autorité du tribunal de première instance de Bruxelles. Cette audience à huis clos a permis à la juridiction belge de statuer sur l'exécution du mandat d'arrêt visant les Catalans en fuite. Mais aucune décision n’a été prise ce jour-là.

Le 21 décembre se tiendront les élections régionales anticipées, convoquées par le gouvernement espagnol. Les dernières élections régionales ont eu lieu en septembre 2015 et avaient porté au pouvoir une coalition de deux grands partis indépendantistes, la CDC et l'ERC, complétée après le vote par le soutien d'un troisième parti séparatiste, la CUP.

Mais cette année, pour ce scrutin plus crucial que jamais, les indépendantistes ne partiront pas ensemble au front. Aucun accord de coalition n'a été trouvé entre les partis favorables à la rupture avec Madrid. Un échec qui pourrait avoir de lourdes conséquences, d'autant plus qu'un sondage publié dimanche dans La Vanguardia prédit « une élection ouverte» à l'issue de laquelle pro et anti-indépendance pourraient se retrouver au coude-à-coude. La crise catalane n'est pas près de s'arrêter.

 

- Explication de l'origine du phénomène :

 

 

 

 

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